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Résidence artistique à Nilvange. Du 10 au 16 juin 2017.

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Préambule extra artistique :

Mais cependant nécessaire pour souligner l’importance de la solidarité et du partage vécus durant ce séjour et quelques réflexions sur les « pouvoirs » de la création...

Blessé au pied le 25 mai j’ai subi une greffe au niveau du talon, ce n’est pas grave mais  c’est handicapant et douloureux.  

L’occasion de dire que l’art, si il est expression sublimatoire,  il est également la possibilité  de transcender la douleur et un vecteur de résilience.

Entravé dans ma liberté de déplacements et ma rapidité de travail habituelle, l’humilité, étais de mise, j’ai donc accepté de  demander de l’aide et de réduire à l’essentiel mes interventions. Et je me suis rendu particulièrement disponible  auprès des très nombreuses personnes (enfants, adolescents et adultes) venues pour cette création participative. 

Pour le travail plus personnel, j’ai adopté un autre rythme tout en réussissant à me plonger avec délectation dans cet univers que je connais quand je travaille « à fond ». Terme adéquat car,   centré sur mes perceptions profondes, j’atteins une forme d’autohypnose…  à ces moments là  j’ai oublié la souffrance de ma blessure.

Ce travail avec la participation du public* et les aides apportées, m’ont également renvoyé  au plaisir du partage. Moments extraordinaires où le plaisir est décuplé ! Un grand merci à Marie-Anne et Michel Colnot (Médiathèque de Nilvange) pour leur accueil convivial autant que professionnel !

Ainsi qu'à Nicole Chabbert qui a géré le "jardin minéral et la création des "Sentinelles de la paix !

 

* Participations  de 2 classes du Collège d’Algrange, de 4 classes de deux écoles primaires de Nilvange, d’un groupe de personnes handicapées de l’APEI/FAS Volkrange , d’un groupe de sidérurgistes (d’Arcelor Mittal de Florange et de British Steel d’Hayange), et de nombreux visiteurs

 

A noter que les deux classe du Collège, accompagnés par Mme Lallemand, leur professeur d'art plastique, autant passionnée que dévouée, ont passé deux journées entières à découvrir mont travail en particulier et le land art en général !

 

Jardin de bois réalisé avec l'aide précieuse de Christine, Marie-Anne, Michel, Christophe et des artistes Sylvain Divo,  Patricia Vanderhem et Nicole Chabbert. 

Les albums photos sont divisés en 5 catégories :

- Vernissage et lancement des "Sentinelles de la paix"

- Jardin minéral : Les Sentinelles de la paix

- Jardin de bois : 6 parcelles + une "cabane" + un "hublot" d'observation de part et d'autre du jardin.

- Performance avec le feu : « Partage »

- Les aides ! et les partages fabuleux !


21/06/2017
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L'art, chemin de vie

Discours de Daniel Boisart, adjoint chargé de la Culture à Villemur sur Tarn.

 

L’art comme chemin de vie ! Quel programme magnifique pour ce dernier dimanche de l’hiver, celui où se préparent les gestations prometteuses de l’avenir !  Peut-être un chemin qui ne mène nulle part, d'ailleurs, comme l’écrivait Heidegger, tant il est vrai que la destination est sans doute moins importante que le parcours lui-même, et je crois que c’est bien la conviction de notre invité.

 

Nous sommes heureux de recevoir Alain Mila, rien que pour lui, si vous me permettez l’expression. Nous avions consacré, à l'automne, une très belle expo à l’association qu’il préside : « Les sentinelles de la Paix », plusieurs se souviennent sans doute de ces sentinelles dressées au milieu du Tarn et que le vent et les crues ont emportées et c’est très bien ainsi, leur message étant à la fois éphémère et éternel.

 

Que l’art contribue à rendre le monde plus habitable, c’est votre conviction, cher Alain. Vous nous proposez d’associer la poésie à la raison pour naviguer entre l’imaginaire et son ombre, le réel, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Ce chemin de vie est le chemin de toute la vie, celui du temps qui passe, celui dont nous souhaiterions qu’il soit à l’image de l’univers, quasi éternel, mais dont nous mesurons à chaque instant l’inexorable écoulement. « Nul ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » affirmait Héraclite il y a 2500 ans. Et il ajoutait, au cas où nous n'aurions pas compris: « car, la seconde fois, ce n’est plus le même fleuve et ce n’est plus le même homme ».

 

Sans doute est-ce pour cela que vous accordez autant d’importance aux réalisations monumentales qu’aux constructions éphémères. A ce qui reste et à ce qui s’évanouit.  D’ailleurs vous l’écrivez fort bien : « Ma diversité disciplinaire trouve également une cohérence dans la place que je donne à ce qui m’échappe… Cette prise de risque est indispensable pour créer. Ma démarche est de travailler jusqu’à ce qu’advienne une surprise ».

 

C’est cette surprise que le spectateur de votre travail peut ressentir aussi, s’il renonce aux interprétations hâtives, s’il parvient à se mettre à l’écoute de ses impressions, de ses émotions, s’il se laisse interpeller par le regard qu'à leur tour les œuvres posent sur lui.

 

 

 

Avec le temps, dites-vous, le Land art est devenu votre moyen d'expression privilégié. Ce travail sur et dans la nature, est d'abord représenté par ses sentinelles de la paix, ces soldats minéraux dont l'équilibre fragile est à l'image de notre époque. Cette paix, dont nous nous souvenons tout particulièrement aujourd'hui, 19 mars, de quel prix il faut parfois la payer.

 

Mais le Land art est surtout représenté dans cette salle, où il occupe une bonne partie de l'espace.

 

Votre goût pour la découverte, votre regard si particulier sur notre univers, vous porterons j'en suis sûr vers d'autres formes d'expression. Vous avez toute la vie devant vous, n'est-ce pas ?

 

 

Il est comme ça, Alain Mila : réceptif à tous les messages de l'univers, passionné par la médiation possible que son travail peut représenter pour ses frères humains.

 

Nous comptons sur lui pour transmettre aux enfants de nos écoles, qui viendront nombreux, je l'espère, cette semaine, un peu de la passion qui l'anime.

 

Une fois encore, je voudrais insister sur ce devoir de transmission : ne gardons pas pour nous, ne thésaurisons pas le bonheur que la culture nous apporte : essayons de porter ses valeurs, son message de paix et de tolérance mais aussi d'accomplissement de soi, et d'en être les témoins pour les générations futures, qui ont tant besoins de repère.

 

Merci de votre attention.DSC_7886.jpg


21/03/2017
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Ma démarche artistique;

 

 

Persuadé que l’art a un rôle social et culturel, non pas pour changer le monde, mais pour le rendre plus « habitable », plus digne de l’existence humaine,  c’est par le travail associé aux vertus de la poésie que je propose un décalage entre le réel et l’imaginaire.

Ces points de vues poétiques enrichissent la diversité des perceptions, ce qui peut inciter, si ce n’est à plus de tolérance, à une ouverture de l’esprit et au plaisir du rêve.

J’interroge également la notion du temps qui passe, son échelle humaine confronté à celle de l’univers… L’intensité des émotions bouscule la linéarité du temps et mon travail met souvent en scène ce concept.  C’est par cette « passerelle  d’intemporalité» que passe ma démarche artistique et j’accorde autant d’importance à mes réalisations éphémères qu’à mes sculptures monumentales, autant d’importance à ma démarche qu’à son aboutissement (œuvres).

 

Ma diversité disciplinaire trouve également une cohérence dans la place que je donne à ce qui m’échappe… Cette prise de risques m’est indispensable pour créer. Ma démarche est de travailler  jusqu’à ce qu’advienne une « surprise »  et je crois au labeur qui favorise les « bonnes » surprises.

 

Le land art est devenu mon moyen d’expression privilégié et je mets toute mon expérience au service de cette discipline artistique. La photographie y possède une place prépondérante.


22/01/2017
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Equilibre fragile.

A poser des pierres en équilibre, ce que, dès le début de cette démarche, j’ai appelé des « Sentinelles », j’ai appris à développer une forme d’intelligence de la matière. J’ai appris à aimer les pierres, à les caresser, à dialoguer avec leurs aspérités, à utiliser leurs défauts pour les rendre plus belles.   Pour trouver leur équilibre j’ai cherché le mien, la fragilité de ces colonnes de pierre rejoignait la mienne… L’énergie de leur présence éphémère me rendait plus fort, plus conscient de la vie. Mais peut-être ai-je trop côtoyé le bord  de la disparition ?  A poser des « Sentinelles » la fragilité m’a rattrapée ; c’est comme la vie, les moments les plus forts ont généralement un rapport avec l’amour, mais on ne peut pas s’empêcher de pressentir leurs fins. C’est ce qui les rend beaux et tristes en même temps. Et qui fait que les « sentinelles » rejoignent le mythe de Sisyphe. 

Un artiste a toujours une tentation démiurgique, le paradoxe avec les « sentinelles » est que leur fragilité, qui demande un éternel recommencement, les rend en même temps intemporelle, ce qui rejoint cette prétention démiurgique. L’humilité de la condition humaine nous épargne de la velléité d’être un héros ; Nous en épargne ou nous en empêche… Lazare Wangraoua, mon ami artiste, ne sera peut-être pas d’accord, sa fougue et sa jeunesse l’inclinent à être un guerrier ! En un sens il a raison, il faut se battre pour vivre, pour exister, pour créer…

En ce qui me concerne, ma convalescence à rester le pied en l’air est trop « parlante » : j’ai besoin de "lever le pied" !

à vouloir trop en faire on s’abîme dans les profondeurs de nos prétentions. Il ne me reste plus qu’à me recentrer, à puiser dans la patience les sucs d’un devenir meilleur, à retrouver la sagesse d’un moment présent privé d’avenir immédiat ; autrement dit, protégé de précipitation… L’avenir ne m’appartient pas mais il me dira qui je suis.


29/06/2017
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